#1.1. Lisières urbaines

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En 2018/2019, DÉPLI s’intéresse à la ville, à travers un premier numéro consacré aux lisières urbaines. Dans leur dialogue, le photographe Karim Kal, la poète Samantha Barendson et les paysagistes Axelle Grégoire et Bertrand Vignal parlent d’un passage : celui de la ligne à l’épaisseur, de la frontière à l’interface, de la fin aux possibles.

Karim Kal est photographe, né à Genève en 1977. À travers une circulation dans les quartiers populaires, en France et en Algérie, il s'intéresse aux outils de normalisation que sont le logement social, la prison, l'hôpital..., les interrogeant comme signes et outils des articulations sociales. Il a participé à un certain nombre d'expositions ces dernières années, en France et à l'étranger, et a été lauréat de la commande Nationale "Les Regards du Grand Paris", émise par le CNAP et les ateliers Médicis en 2017. Son travail a rejoint les collections du FNAC, du Musée de l'Histoire de l’Immigration.

Samantha Barendson, poète franco-italo-argentine est née en 1976. Elle aime travailler en collaboration avec d’autres poètes, peintres, musiciens, illustrateurs ou photographes. Elle aime également déclamer, crier ou chanter ses textes sur scène, un peu frustrée de n’être pas une chanteuse de tango. Elle fait partie de deux collectifs : "Le syndicat des poètes qui vont mourir un jour" & "Le cercle de la maison close". 

Son dernier livre : Mon citronnier, JC Lattès, 2017.

Axelle Grégoire est une architecte de formation au parcours croisé. L'expérimentation est au centre de sa pratique, entre pièces artistiques et prises de position sur la ville. Elle mobilise la fiction, le projet-processus, la cartographie et des savoir-faire anciens comme la gravure et l'ébénisterie pour développer des outils prospectifs pour l'aménagement des territoires. Après 5 ans en tant que chef de projet à l'agence BASE, elle collabore aujourd'hui à des travaux de recherche sur la cartographie du vivant avec d'autres architectes, artistes et chercheurs en sciences humaines (Plateforme S.O.C., Zone critique). Ses travaux transdisciplinaires empruntent différents mediums : de la conférence-spectacle (Inside avec Bruno Latour) à l'objet-livre (Terra Forma avec Frédérique Aït-Touati et Alexandra Arènes). 

Bertrand Vignal est co-fondateur de l’agence BASE paysagistes urbanistes, dont il dirige l’antenne lyonnaise. Il est enseignant à l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. Depuis près de 15 ans, il dirige la conception de nombreux projets urbains et paysagers, allant de l’échelle du jardin de quartier à la réflexion sur des territoires complexes d’échelle territoriale. Il porte une attention toute particulière aux nouveaux usages urbains, aux stratégies de fertilisation des sols, à la conception de parcs alliant installation d’écosystèmes écologiques et programmations ludiques ou sportives, ou encore à la réflexion sur les notions de quartiers-forêts. Ces thématiques agissent comme des récits qui nourrissent l’imaginaire des projets en cours d’élaboration au sein de l’agence BASE.

Présentation du numéro

Karim Kal initie la discussion par une proposition brute et politique, dans la lignée de son travail préexistant sur la banlieue, à travers deux photographies réalisées en périphérie lyonnaise. Grâce à une esthétique du contraste, portée par un protocole photographique nocturne au flash, qui aplatit et surexpose les premiers plans et laisse l’arrière-plan dans le noir, le photographe inscrit sa vision de la lisière dans le registre de la dénonciation : celle-ci apparaît à la fois comme un territoire délaissé et une frontière difficile à franchir ouverte sur un inconnu anxiogène.

Samantha Barendson se saisit ensuite du motif du sac plastique (visible dans Strange Fruits) pour construire ses trois premiers textes. Dans son écriture, la lisière se peuple de personnages et d’objets du quotidien qui en font un espace habité, plus incarné. La poète poursuit et prolonge la thématique du passage amorcée par Karim. Un passage qui demeure laborieux : la lisière est un seuil entre deux mondes qui s’ignorent et donc un seuil difficile à franchir.

Axelle Grégoire et Bertrand Vignal reprennent alors dans un langage cartographique auto-parodié cette figure de la lisière comme ligne de séparation entre deux horizons – le dans la ville et le hors la ville – pour finalement la dépasser. Ils proposent ainsi de penser la lisière dans son épaisseur, comme espace d’accueil de fonctions, d’activités et de formes diverses et complexes sous un mode hybride entre ville et non-ville. La lisière apparaît non plus comme une frontière linéaire, mais comme un espace – sans doute encore indéfini – de possibles et de projets pour le territoire.

Samantha Barendson soutient le dialogue en récupérant les termes techniques employés par les paysagistes en légende de leur discours cartographique, qu’elle utilise comme prétextes initiateurs d’écriture. Elle poursuit dans trois nouveaux textes l’exercice d’humanisation et de sensualisation de la lisière, développant cette fois des figures plus contrastées mettant en présence les deux mondes – de part et d’autre de la lisière – non plus sur un mode d’opposition mais d’hybridation.

Karim Kal clôt l’échange avec une photographie qui inverse son processus créatif initial : l’horizon de la lisière s’ouvre, il apparaît en couleur et dans la lumière.

Dans leur dialogue, le photographe Karim Kal, la poète Samantha Barendson et les paysagistes Axelle Grégoire et Bertrand Vignal parlent donc d’un passage : celui de la ligne à l’épaisseur, de la frontière à l’interface, de la fin aux possibles.

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